Journée internationale de l’hygiène menstruelle – La précarité menstruelle, une réalité au Sénégal

Aujourd’hui est célébrée à travers le monde la journée internationale de l’hygiène menstruelle.
Au Sénégal, la précarité menstruelle est bel et bien une réalité; les femmes et les jeunes filles ont difficilement accès à des protections hygiéniques particulièrement en milieu rural. Ces dernières n’ont donc souvent pas d’autre choix que d’utiliser des chiffons ou des vieux pagnes, ce qui pose de sérieux problèmes d’hygiène, de confort et de dignité. L’accès à l’eau ainsi qu’à des sanitaires décents pour gérer ses menstruations sont aussi des éléments de la précarité menstruelle et des études ont démontré que l’abandon de l’école pour les jeunes filles est fortement lié à cette situation.
« Quand tu as tes règles et que tu n’as pas de serviettes hygiéniques, tu es obligée de rentrer chez toi et cela perturbe tes cours puisque c’est difficile de se rattraper avec les explications de cours » nous confie Ramata que nous avons rencontré à l’entrée de son lycée.
Sa camarade Penda renchérit: « souvent les toilettes de l’école sont impraticables en plus de ne pas avoir de l’eau en continue; dans ces conditions comment être à l’aise lorsqu’on a ses règles ? »
Un tour au marché nous renseigne que le problème touche les femmes de tous les âges. Anta, une tenancière de gargote s’insurge contre la présence sur le marché de protections hygiéniques de mauvaise qualité qui causent de graves problèmes de sante. « J’ai eu des boutons et des irritations après l’utilisation d’un paquet de serviettes hygiéniques. En achetant on sait que c’est pas de la bonne qualité mais on n’a pas le choix car les protections de qualité sont chères. Lorsqu’on a deux adolescentes à la maison plus sa propre personne, ça devient vite un budget considérable pour mes maigres revenus » explique t-elle.
Pour parer à ces difficultés, différentes initiatives locales notamment la fabrication de serviettes hygiéniques lavables et réutilisables voient le jour au Sénégal afin d’offrir une alternative durable à des millions de jeunes filles à travers le pays. Cependant, il est encore difficile de faire adopter cette méthode aux plus jeunes. Penda la jeune lycéenne ne se voit pas laver une serviette hygiénique : « déjà on nous a toujours dit que les règles sont sales donc prendre le temps de les laver peut s’avérer répugnant en plus de cela il faut les étendre au soleil. Nous sommes dans des concessions familiales et c’est encore très tabou comme sujet donc comme sécher correctement ces protections. » Toutes ces questions doivent faire l’objet d’un grand intérêt afin de trouver les solutions pour faire adopter ces protections réutilisables et durables.
Les menstrues, parlons-en !
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